Gloria Steinem, celle qui nous ouvre la voie
En 1980, Gloria Steinem écrivait : “Sous Hitler, avorter était une trahison : un crime passible d’emprisonnement et de travaux forcés pour les femmes (...). À un degré moindre, cette position n’est pas si éloignée de celle des fondamentalistes d’aujourd’hui pour qui les femmes doivent avoir des enfants "pour Jésus et pour l’Église", ou de celle de la Cour suprême qui refuse une prise en charge financière de l’avortement aux femmes pauvres (...).”
Cette citation de celle qui fut militante en faveur de l’avortement, de la contraception, et du droit à disposer de son propre corps durant des décennies, nous rappelle encore et toujours pourquoi il ne faut jamais cesser de se battre.
Gloria Steinem fut journaliste, écrivaine et militante. Durant 60 ans, elle a œuvré auprès des “excitées, des révolutionnaires, des insatisfaites” : les féministes. En 1972, elle co-fonde Ms. le premier magazine féministe étasunien. Elle souhaite sensibiliser les femmes et l’opinion publique, aux questions de genre, de race, aux inégalités sociales, économiques, et politiques. En 1976, la Une du magazine montre le visage tuméfié d’une femme battue. Il s'agit du premier titre de presse à aborder la question des violences conjugales. Et comme cela nous semble d’actualité.
Elle a toujours été admirative des afro-étasuniennes qui “cumulaient les injustices salariales liées à leur statut de femme et à leur statut de Noire”, avant les premiers mouvements intersectionnels.
Fille d’une famille d’immigrants allemands et polonais, on ne peut que se demander ce que Gloria Steinem dirait de la montée de l’extrême-droite en Allemagne aujourd’hui.
Son travail, ses réflexions et son savoir doivent tous nous inspirer. Son refus de la maternité, du mariage et de l’invisibilisation des femmes passé la ménopause nous rappelle que nous avons le choix.
*Les citations viennent de ses écrits et d’une interview auprès du Monde en 2020.
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