Lucy, qui étais-tu vraiment ?
Racistes, colonialistes, machistes… Tant de qualificatifs qui nous viennent à l'esprit lorsqu'on pense aux policiers de Carcassonne qui ont fait bien tristement couler de l'encre et de la salive ces derniers jours. Promis, l'idée n'est pas de revenir ici une énième fois sur le dégoût qu'ils nous inspirent, mais d'utiliser leurs propos comme point de départ. Car non, messieurs, « les connasses, à l'époque, dans les grottes, si elles n'étaient pas avec leurs mecs » ne se faisaient pas « buter à l'extérieur ». Pendant longtemps, on a cru, comme vous, que la femme préhistorique se cantonnait au rôle de femme au foyer. Mais cette lecture archéologique, qui date de l'époque victorienne où la femme n'avait que très peu de droits, servait surtout à légitimer l'idée que la femme serait inférieure à l'homme.
D'après Claudine Cohen, auteure d’une des rares études sur la femme à l’époque de la Préhistoire, il y a 3,2 millions d'années, la célèbre Lucy était tout à fait capable de se déplacer de branche en branche, de broyer des végétaux et autres aliments avec ses molaires. Mais elle pouvait également chasser et se défendre des prédateurs. Dans la société des Kung San d'Afrique du Sud, les femmes rapportaient deux tiers de la nourriture et marchaient entre trois et vingt kilomètres par jour. Et en analysant des fossiles datant d'entre 40 000 et 10 000 avant notre ère, des historiens estiment que les femmes étaient alors dotées d'une force physique remarquable leur permettant notamment de pratiquer la chasse ou d'accoucher debout. D'autres imputent aux femmes préhistoriques les prémisses de la médecine et de l'agriculture. Si ce ne sont là que des théories, chez les Cro-Magnon, la femme semble loin des idées reçues selon lesquelles elles dépendaient des hommes et se retrouvaient sans défense une fois à l'extérieur de la grotte.
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