Cette semaine dans Lysistrata on vous parle d'une nouvelle qui nous énerve avant de regarder tout le positif que peut offrir le sport féminin français, les réseaux féministes en ligne et l'initiative d'une hackeuse. Bonne lecture !
On a comme l’impression de radoter ces derniers temps. Mais que voulez-vous, quand on fait un pas en avant, on recule de trois. Peut-être que nous sommes un peu d’humeur défaitiste, certes. Alors que dites-vous de ça : cinq journalistes de CNN ont enquêté sur un site pornographique intitulé Motherless. Ils y ont découvert plus de 20 000 vidéos de femmes endormies à leur insu (entendez par là, droguées). Mais le plus choquant reste à venir : en mars, plus de 81 millions de visites ont été enregistrées sur le site.
Faut-il réécrire le chiffre pour qu’on l’ait bien en tête ? 81 MILLIONS en 31 jours
Ajoutons, s’il en fallait plus, que certains des hommes sont en contact dans des groupes Telegram afin d’échanger des techniques, des conseils, et même des formations payantes sur la meilleure façon de droguer puis de violer leurs conjointes. Les journalistes à l’origine des révélations ont qualifié cela d’“académie du viol mondial”.
Alors, nous voilà repartis avec le fameux “Not all men” (le slogan de ralliement des hommes qui affirment ne pas être “dans le même sac" que les hommes violeurs, violents), mais face à ces chiffres comment ne pas craindre, pour nous, pour nos sœurs, pour nos amies et pour nos mères.
Avec l’affaire Pelicot, on était sûrs.es d’avoir vu le pire et que les choses allaient (enfin) changer. Mais face aux révélations, on est plus sûrs.es de rien. Nous avons peur, nous nous méfions. Mais pourquoi sommes-nous seules à nous révolter ? Pourquoi entend-on encore que les hommes qui se plaignent d’être mis en même niveau que les violeurs ? Le “Not all men” est indécent. Aidez-nous, agissez. Et dénoncer vos potes.
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