Cette semaine dans Lysistrata on vous parle de la censure qui pèse sur les associations, de la façon dont les chanteuses parlent des inégalités salariales et d'une députée brésilienne qui en impose.
Qui l’eût cru ? Les associations de la société civile sont à la merci du groupe Meta, qui comprend Instagram et Facebook. Oui peut-être qu’il y a des signes quand le grand patron du groupe, Mark Zuckerberg félicite Donald Trump pour sa victoire aux présidentielles ou quelques mois plus tard quand Meta décide de modifier ces politiques afin d'assouplir la régulation de contenu haineux ou trompeur.
Les nouvelles cibles de la multinationale sont les associations et les fondations. Et pour cela, rien de plus simple, il suffit pour Meta de refuser de diffuser des publicités et certains des contenus. Depuis octobre 2025, le groupe de réseaux sociaux n’autorise plus les “publicités portant sur un enjeu politique, électoral ou social sur ses plateformes dans l’Union européenne”, en réponse à une demande des institutions de plus de transparence lors d’élections notamment. Oui, mais voilà, derrière cet “enjeu politique, électoral ou social”, il est possible de cacher beaucoup de choses. Alors pourquoi pas les combats pour l’égalité des genres ? La Fondation des Femmes a été victime de cette politique lors du 8 mars dernier. Souhaitant appeler aux dons, la fondation s’est vue refuser sa publicité sur Meta car relevant d’enjeu “social”. “Ce faisant, Meta révèle son opposition aux campagnes qui promeuvent les droits des femmes”, fustige l’organisation, qui a annoncé le 12 mars avoir mis en demeure la multinationale. La Fondation des Femmes indique déjà une baisse des dons reçus par les particuliers alors que ces derniers s’informent surtout sur les réseaux sociaux.
Lysistrata a également vécu cela. Alors que nous voulions mettre en avant notre travail sur Instagram, nous avons eu le malheur de prononcer le mot tabou : FÉMINISME. Quelques heures plus tard, notre publicité était interdite de diffusion. Alors que les contenus haineux et les discours réactionnaires sont de plus en plus mis en avant par les réseaux sociaux, nous nous inquiétons de cette censure des combats pour les droits des femmes.
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