Cette semaine dans Lysistrata on vous parle de précaution. Face à ceux qui agressent, face aux mots que l'on emploie, face à la planète, face à celles qui ont peur, face à notre lecture des événements et face aux enfants. Bonne lecture !
Certains plaignent ces "pauvres artistes à la carrière brisée" après une accusation d'agression sexuelle. Pourtant, ils sont nombreux à revenir plus ou moins sur le devant de la scène. On pense à Roméo Elvis qui vient de composer le nouvel hymne national belge alors même qu'il a reconnu avoir "utilisé ses mains de manière inappropriée sur quelqu’un" en 2020. On peut également penser à Michael Jackson qui, malgré des accusations d'attouchements sur des mineurs, se voit gratifié du biopic (trop attendu) cette année qui passe ses dernières sous-silences.
Un dernier exemple pour la route ? Patrick Bruel, père de la "bruelmania" démarre une tournée internationale mi-juin, alors même que huit plaintes ont été déposées contre lui. Vous n'avez pas les mots face à cette impunité ? Une petite perte d'espoir ? C'est normal, nous aussi. Mais ça, c'était avant de voir que la pétition demandant l'annulation de sa tournée du collectif Salon Féministe a déjà récolté plus de 10 000 signatures. Dans sa pétition, le collectif rappelle que Patrick Bruel est "bien sûr présumé innocent". Mais la présomption d'innocence n'est pas l'enjeu du débat.
Il s'agit bien du principe de précaution. C'est-à-dire le fait de prévenir les risques pour l'environnement ou la santé, même en l'absence de certitude scientifique sur leur gravité ou probabilité. Pour reprendre les mots de METOOINDUSTRIE : "En attendant que la justice fasse son travail cet agresseur potentiel ne doit plus pouvoir mettre en danger d'autres personnes." Et pour arrêter toute tentative de "oui mais...", sachez que cette demande est loin d'être irréaliste. Des artistes comme Lomepal ont déjà été déprogrammés par "simple" précaution. On espère que cette pétition sera entendue.
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