Cette semaine dans Lysistrata on vous parle de libraires qui ne se laissent pas faire face à la censure, de lunettes connectées ou encore d’une tresse qui a une grande importance.
Pour Vanessa Le Moigne, la finale de la Coupe d’Afrique des Nations entre le Sénégal et le Maroc aura été la goutte de trop. La journaliste de BeIN Sports a annoncé se retirer du monde du football à la suite d’une vague de cyberharcèlement. Le 18 janvier, Vanessa Le Moigne interviewe le gardien sénégalais Édouard Mendy à la fin de la finale. S'ensuit une vague de messages extrêmement violents et insultants à l’égard de la journaliste. Vanessa Le Moigne décide le 22 janvier de quitter son travail, après plus de six ans sur les antennes de BeIN Sports. Au-delà de l’avis des internautes, elle se dit seule et dénonce le manque de soutien de la part de ses confrères : “mes amis, mes 'pairs' à l’affût de mon moindre fourchage de langue depuis des années : ils sont meilleurs visiblement. [...] Je leur laisse la place.”
L’association Femmes journalistes de sport a apporté son soutien à Vanessa Le Moigne et a appelé à une action coordonnée pour dénoncer “le cyberharcèlement et le sexisme ordinaire”. L’association signale une “réalité insupportable” et quasi quotidienne loin du simple fait extraordinaire. Cet exemple n’est malheureusement pas le seul. En 2020, l’Unesco réalisait une enquête auprès de 1 200 femmes journalistes et 73 % d’entre elles déclaraient avoir déjà été victime de violences en ligne (harcèlement, menaces physiques/sexuelles, attaques numériques) dues à leur travail. Et cinq ans plus tard, un rapport de UN Women n’est pas plus rassurant. Deux tiers des femmes journalistes rapportent des violences en ligne. Et plus de 40 % disent que ces violences se sont ensuite poursuivies dans le monde réel.
Ces violences doivent cesser. Les journalistes doivent pouvoir faire leur travail librement et sans craindre le pire, elles doivent être soutenues par les rédactions. Elles doivent pouvoir parler et dénoncer et non plus se taire ou partir.
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