Il faut évoluer avec son temps
Impossible d'être passé à côté : le pape Léon XIV était en France la semaine dernière. Et quelle visite ! Le souverain pontife est revenu notamment sur son hostilité envers la GPA (gestation pour autrui). Mais la société évolue, et avec elle les doléances des fidèles. À l'occasion, donc, de cette visite papale, Magdala, association catholique féministe, s'est unie au Planning familial pour écrire une lettre ouverte à Léon XIV. Elle demande à l'Église de « cesser de condamner la contraception et l'avortement ». Pour elle, « aucune institution ne devrait faire obstacle à la liberté des femmes de disposer de leur corps, de choisir leur contraception ou d’interrompre une grossesse ». L'association, qui était également présente lors de la marche en marge de la messe sur les Champs-Élysées à Paris samedi dernier, s'est vu retirer sa banderole sur laquelle on pouvait lire : « Heureuses celles qui ont soif de justice ».
Cette soif de justice se retrouve également chez les victimes de violences sexuelles au sein de l'Église. Si Léon XIV a daigné recevoir sept victimes à huis clos pendant plus de deux heures dimanche à Lourdes et s'« engage pour que ce mal ne se reproduise plus », certains y voient une opération de communication. Christophe Cieslar, membre du Collectif des victimes de Bétharram, dont aucun membre n'a été reçu par le pape, estime que « ce n'est que du vent, et le vent, on en a marre ». Car si Léon XIV a fini par reconnaître, devant les victimes, « l'aspect systémique des violences », ces dernières réclament maintenant des actions. Puisque, comme on dit, un geste vaut mieux que mille mots. Ce qui ressort de cette visite est peut-être que, quand il s'agit des droits des femmes et des filles ou des violences sexuelles, l'Église devrait évoluer avec son temps et ses fidèles.
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