Quand la maigreur séduit
Depuis le dimanche 18 octobre, les mannequins Victoria’s Secret sont redevenues les « anges » à ne pas rater sur les réseaux sociaux. Alors que la marque de lingerie avait presque disparu entre 2019 et 2024, cette année, le défilé a attiré plus de 25 millions de personnes sur YouTube. Ne parlons même pas de l’apparition de Barbara Palvin qui, un mois après son accouchement, montre un corps galbé dans une tenue idéale en post-partum (corset et string), de quoi ravir toutes les jeunes mamans qui aimeraient un congé naissance un peu plus long.
Sur scène, des femmes aux jambes immenses, aux abdos archi-dessinés et aux fesses rebondies défilent comme pour nous rappeler que seules les tailles 34 existent, et ça fait peur. Alors que près de 11 % des États-uniens prennent actuellement un médicament comparable à l’Ozempic pour perdre du poids (quatre fois plus qu’il y a deux ans), il y a de quoi s’inquiéter de ce retour en force de la maigreur.
Je pense aux jeunes filles qui vont grandir avec cette image d’un corps soi-disant parfait qui ne peut exister qu’à base de privation et de contrôle. Je pense aux jeunes filles qui vont tout faire pour ressembler à des Barbie en se créant des complexes. Je pense aux jeunes filles qui vont imaginer devoir être belles pour avoir confiance en elles. Je m’interroge surtout sur la place que prend à nouveau ce culte du corps (et surtout féminin) alors qu’il semble y avoir tant d’autres priorités. Car je ne crois pas que les abdos et les fesses nous aideront à lutter contre le fascisme et le dérèglement climatique. Apprenons plutôt à courir pour éviter les gaz lacrymos !
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